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Centre d’hygiène ou clinique près de chez moi ? Je pèse le pour et le contre pour une décision très importante : mon premier dépistage.

Assise à la maison je ne suis pas certaine du lieu où je vais faire ces analyses. Le centre d’hygiène, le CHU ou la clinique près de chez moi ? Les deux premières options sont gratuites, mais je peux tomber sur un rang et perdre une partie de la journée. En même temps, il faut dire que se lever comme ça pour découvrir sa sérologie, ce n’est pas évident du tout.

Je finis par prendre mon courage à deux mains et je me rends à la clinique. Il faut tout prévoir, je vais loin de chez moi et en cas de résultat positif, comment je fais pour revenir et tout lol (j’ai ce problème-là, envisager le pire). Donc la clinique est l’option la plus sûre. Je débourse la somme requise et je me rends à l’infirmerie pour le prélèvement de sang.

Je fais d’une pierre deux coups en demandant à ce qu’on détermine ma glycémie parce que le diabète tue également et bien plus que le VIH ces derniers temps, je préfère être sûre de tout.

Le prélèvement est la partie la plus terrifiante. Grande que je suis, j’ai une peur bleue des aiguilles. Je tremble de partout et j’ai vraiment du mal à faire confiance à l’infirmière. Elle finit par effectuer le prélèvement tant bien que mal en me chahutant grave.

On me demande ensuite de m’asseoir dans le hall et d’attendre les résultats.

C’est là que la peur des aiguilles va sembler ridicule lol. L’écran de télévision qui est dans la salle n’arrive pas à captiver mon attention. Je suis les déplacements de toutes les infirmières dans le hall et j’ai l’impression que leurs regards sont chargés de non-dits.

Je suis terrifiée, glacée et prête à abandonner les résultats pour privilégier l’ignorance.

L’infirmière qui s’est occupée de mes prélèvements sort enfin de la salle. Elle porte une enveloppe fermée. Je manque de m’évanouir. Des pensées sombres m’habitent. Si j’ai le VIH qu’est ce que je vais devenir … (je ne vous dirai pas les solutions que j’ai trouvées, vaut mieux éviter)

Elle s’assoit à côté de moi, me prend la main et me murmure à l’oreille : tout va bien, glycémie comme sérologie c’est ok. J’ouvre l’enveloppe pour être sûre (il faut dire que j’ai du courage maintenant).

Je sens comme un allégement de mon corps et je manque de voleter dans la salle. Je n’ai pas le sida ! Je n’ai pas le diabète ! Dans ce monde si sombre Dieu a eu pitié de son enfant !

Je sors guillerette de la salle, l’enveloppe en main et le sourire aux lèvres. Je ne suis pas malade. Je n’ai pas le VIH.

Le test permet de connaître son statut, de prendre des rétroviraux pour avoir une vie normale, mais surtout de sauver des vies. Avoir le VIH et l’ignorer c’est peut-être transmettre ce virus à d’autres.

Alors, faites comme moi, faites votre test, sauvez votre vie, sauvez d’autres vies.

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