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Je suis aujourd’hui blogueuse pour Mondoblog. J’ai choisi pour ce concours, le thème : «Intriguée je me suis levée pour regarder par la fenêtre, j’aperçus alors…». Je ne savais pas trop quoi mettre ensuite et puis le texte m’est venu naturellement. Je lui ai donné le titre : il tomba et…

Ce texte ne peut être que le premier de ce blog, vu que c’est grâce à lui que j’ai été retenu. Je le partage avec vous juste en bas.

Il tomba et…

Il tomba et... nouvelle de cultik de bamba aida marguerite pour le concours mondoblog 2017,

Intriguée, je me suis levée pour regarder par la fenêtre, j’aperçus alors devant la cour des voisins un attroupement.

Curieuse de nature, j’enfilai une robe et mes sandales et je me rendis rapidement chez les voisins pour en savoir plus. Au fur et à mesure que je m’approchai, j’entendis les pleurs et les cris. Je compris sans même poser de questions ce qui venait de frapper nos voisins. La mort, la seule chose à laquelle pauvres et riches ne pouvaient échapper.

Je me dirigeai d’un pas de zombie jusqu’au portail de la maison des voisins où se trouvait aussi le gérant de cabine du quartier, un ami. Il m’apprit que c’était le père qui avait succombé à un accident. Il m’apprit également que toutes les personnes qui se pressaient dans la cour étaient les parents du défunt.

Je décidai d’entrer pour présenter mes condoléances à la famille éplorée que je connaissais depuis quelques années. Dans le salon, la veuve assise à même le sol sur une natte avait à ses côtés ses filles et ses fils qui la soutenaient du mieux qu’ils pouvaient dans leur douleur.

Je connaissais la famille depuis de nombreuses années et je me souviens du soutien immense qu’ils nous avaient apporté à moi et ma famille quand nous avions traversé la même épreuve. Je m’approchai de la famille éplorée et pris la main de la mère dans la mienne pour lui apporter mon soutien moral dans une épreuve qui ne faisait que commencer.

Dans la cour, la famille du défunt murmurait déjà regardant les biens avec convoitise et la famille avec une haine non voilée. Je savais ce qui allait suivre parce que chez nous l’après-décès est un processus universel sauf dans le cas où le défunt n’a aucune famille.

Ils allaient réclamer les biens, brimer la famille, se montrer cruels, faire fi des enfants du défunt. Je savais que ce n’était que le début et qu’ils avaient besoin de nous comme nous avions eu besoin d’eux à l’époque.

Les cousines, les tantes et les sœurs faisaient déjà ripaille de tout ce qui pouvait se manger dans la maison profitant pour critiquer le train de vie de la famille et se moquant des jours de dèches à venir.
– on leur prendra tout ! s’exclama une aînée en riant entre deux gorgées de Bissap.
– Elle a tué notre fils ! ajouta une autre.

Je les laissai à leurs piques assassines pour aller informer ma famille et nous préparer à faire front uni avec la famille du défunt dans cette épreuve à laquelle personne n’est réellement préparé.

Parce que chez nous, trop souvent quand un père s’en va, aux yeux de la famille paternelle, c’est une famille qui s’efface.

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